En chantier

Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à vous parler d'amour

Conférence spectacle

Je continue à fouiller l’identité, mon identité.
Il y a urgence pour moi à parler de langue, de langue maternelle.
De ce qui reste de la mienne, comme outil poétique pour musser mes yeux dans les ailleurs du monde. 
De notre monolinguisme français si spécifique, de notre héritage de la révolution française qui fait des « autres » langues des outils de la contre révolution.
De notre incapacité à utiliser le savoir de l’autre comme une ressource.
D’avoir fait de l’humiliation la norme pour imposer le français.
De Claude Duneton, le regretté corrézien qui en écrivant son livre « Parler Croquant » parlait de la langue des rois, véhicule des cours d’Europe, cette langue épurée, ce filtre imposant entre les élites du pays et le peuple. L’universalisme français n’a concerné pendant quelques siècles que ces élites. 
Des dégâts faits par l’éradication des « patois », l’incapacité par exemple à communiquer les émotions et la transmission de ces « tares » aux générations qui suivent.
Oui je parlerai à ma façon.
Je tenterai même de lessiver la langue avec des cendres de patois carbonisé, de la savonner, en rajoutant de la graisse à ce français liposucé depuis Rabelais.

Premiers pas le 13 septembre 2016 aux Treize Arches, Brive.

Production Le Beau Monde ?
Coproduction Les Treize Arches, scène conventionnée de Brive.
Crédits photos Titouan Massé